et un autre virage!!!!!
Depuis mercredi le 19, la tempête s’élevait et ils étaient nombreux à dénoncer la nouvelle « patente » de Jean Charest. Les derniers ont été les membres du barreau et des personnalités de la magistrature qui ne comprenaient rien à cette trouvaille où personne n’était contraint de comparaître et où on ne pouvait assurer l’immunité des témoins.
Vendredi le 19 octobre, le congrès du PLQ qui s’ouvrait en soirée annonçait peut-être quelques moments difficiles pour le parti et on a réajusté en catastrophe le discours de Jean Charest.
Quelques jours plus tard, Jean Charest annonce que Mme. Charbonneau pourra demander tous les pouvoirs si elle le désire!!!!!!!!!!!!!!
Mercredi 9 novembre, c’est la totale!! Une vraie commission en vertu de la loi québécoise sur les commissions. Alors, « on est content mais on a de la difficulté à suivre »!!
Jean Charest sort-il gagnant des virages des dernières semaines? Pas certain. Les nombreuses hésitations depuis 30 mois, son refus de réagir rapidement à la sortie de Jacques Duchesneau, les consultations pour concocter une « patente » annoncée mercredi le 19, les réactions dubitatives de la presse, de la population et de grands intervenants laissent croire qu’il y aura des séquelles importantes à cette longue crise.
Tout laisse croire que la situation actuelle est porteuse de résultats qui confirment une descente du Parti libéral, une situation que Jean Charest, malgré ses performances de batailleur, n’arrivera pas à corriger suffisamment pour reprendre le contrôle. Les spécialistes parlent de « tendances lourdes ».
François Legault a le vent dans les voiles! Je maintiens que les Québécois ont le goût d’une grande bouffée d’air frais.
Note: l’article qui suit a été publié vendredi matin, le 21 octobre, quelques heures avant le début du Congrès du PLQ et le nouveau virage de Jean Charest
Je suis devenu libéral en 1977-1978 lorsque Claude Ryan, alors directeur du journal Le Devoir, a fait le saut en politique provinciale avec le Parti libéral du Québec après qu’il eut appuyé le Parti Québécois aux élections de 1976. Son choix qu’il avait longuement expliqué dans un éditorial du Devoir m’a aussi convaincu. Dès lors, il m’apparaissait que les longs palabres sur la question nationale ne mèneraient le Québec que dans une impasse. En 1980, le référendum était perdu et en 1985, les libéraux reprenaient le pouvoir. En 1989, quand un membre influent de la Commission politique du PLQ, Henri-François Gautrin, s’est pointé à Verdun pour devenir le candidat du parti, j’ai eu des hésitations parce que je préférais un candidat local dont le nom était Georges Bossé! J’avais même, à ce moment, dit à Henri-François Gautrin qu’il devait retourner chez lui (la formule utilisée était moins polie)!!!
Depuis 1989, une fidélité à Henri-François Gautrin
Depuis le 25 septembre 1989, les Verdunois sont demeurés fidèles à HFG, probablement parce qu’il fait son travail et qu’il le fait bien. J’ai déjà eu l’occasion de dire aussi que c’est un homme de réflexion, une personne très intelligente et qu’il saisit très bien l’ensemble des dossiers du comté comme il a une idée très claire des grands enjeux du Québec. Si on devait le situer politiquement, je dirais qu’il fait partie de la gauche du Parti libéral du Québec. Aujourd’hui, le gouvernement auquel il appartient est confronté à une grave crise de confiance alors que la crédibilité de son chef, donc de toute l’équipe, est sérieusement remise en question. M. Charest, vient d’accoucher d’une « patente » qui fait honte à l’intelligence des Québécois. Henri-François Gautrin fera-t-il partie, avec quelques autres libéraux, des voix qui vont s’élever?
La patente à M. Charest
Le Québec entier réclame une Commission d’enquête depuis plus de 2 ans. Une commission d’enquête dans le style « Gomery » avec le pouvoir de contraindre et la protection des témoins. Le barreau n’est pas d’accord avec Jean Charest. On sait que le processus d’enquête policière peut continuer sans entraver le travail d’une commission. M. Charest a trouvé, pour gagner du temps, une « patente » où personne n’est obligé de se pointer et où les témoignages ne seront pas protégés. Qui voudra aller devant une telle commission où les travaux seront souvent faits à huis clos? On ne pourra pas exiger de documents et il n’y aura pas de blâme au bout de la ligne!!!!!!! Est-ce qu’on nous prend pour des niaiseux? Malgré la grande compétence et la notoriété de la commissaire Charbonneau, il est permis de douter du mordant de la drôle de commission qui vient de naître. C’est vraiment « taillée sur mesure » pour M. Charest qui a orchestré toute une mise en scène jeudi après-midi pour présenter « la patente ». M. Vallières, député du PLQ, a dit qu’il y avait un exercice pédagogique à faire avec les Québécois pour expliquer le tout!! Bienvenue aux pédagogues, on en aura besoin!!!!! Et beaucoup!
Le congrès du Parti libéral (21 au 23 oct. 2011)
Il y a un gros congrès à Québec et on dit qu’il y aura place pour « des discussions ». Le Parti libéral du Québec est un grand parti et un parti très bien organisé, comme le PQ. Vous devinez que depuis quelques semaines, on a soigneusement filtré les participants. Dans les dernières heures, on apprend aussi que « les hommes de M. Charest » s’occupent de contrôler les dissidents potentiels. Il s’en trouvera, hélas, très peu pour contester ouvertement la position de Jean Charest. On va aussi tenter de faire diversion avec une réforme majeure des commissions scolaires. Faut-il rappeler que Pauline Marois a reçu au printemps dernier l’appui de plus de 95% des participants au Congrès de son parti. Quelques semaines après, ce fut l’hémorragie. Sans trop compter sur une contestation de Jean Charest, il faut espérer (un peu) que la raison se fasse entendre en fin de semaine.
« Ce n’est pas ça »
C’était le titre de l’éditorial de Josée Boileau dans Le Devoir de jeudi le 20 octobre. Les Québécois voulaient une grande commission pour rétablir des institutions. On leur a servi une commission libérale. Michel David a parlé « d’incongruité ». Jacques Duchesneau a ouvert une porte à M. Charest il y a quelques semaines. Ce dernier a plutôt décidé de passer par la fenêtre! Je crois, comme plusieurs commentateurs et même des Québécois qui réfléchissent à la politique d’ici, qu’on insulte notre intelligence. Je ne suis pas certain que la situation nécessitait des « audiences publiques » sur une problématique particulière. La situation m’apparaît plus sérieuse et commandait une grande enquête. On a manqué un beau rendez-vous. Henri-François Gautrin, avec d’autres, peut-il renverser la vapeur dans la mesure où il aurait le goût de s’engager sur cette voie?
Je crois qu’on sera quelques uns à prendre congé du Parti libéral au cours des prochaines semaines et prochains mois! On sera sûrement plusieurs à réclamer une bouffée d’air frais, style la CAQ de François Legault.


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Monsieur Dugas,
D’abord, félicitations pour le rafraichissement de votre site: moderne, parfaitement illustré de vos opinions, dynamique, résultant de beaucoup d’efforts. Il va sans dire.
Votre opinion sur le sujet de la fausse commission (bien qu’elle soit malheureusement obsolète en ce mardi suivant d’automne), émanant d’une source libérale et dit-on démocratique, mais issue d’une case politique combien mal servie par une direction qui a perdu la confiance du peuple, a de quoi me réjouir. Vu de l’extérieur, votre position de l’intérieur réjouit mais n’étonne guère. Du fait que la position officielle de la direction du parti libéral n’est point ou plus du tout représentative de la très grande majorité des électeurs de notre pays (lire province, état, force politique, c’est selon — ça n’a pas vraiment d’importance), du moins pour plus de 85 % de ceux-ci, c’est-à-dire la classe moyenne et celle des moins nantis. Je suis d’avis que de cet état émerge le cynisme des Québécois, là où il prend indubitablement sa source. Et l’origine, en amont de cet état, est l’ineptie de ces dirigeants.
Dans notre société, il est des plus notables et réjouissant de retenir le fond de l’élocution et du message que la provenance du messager ou du regroupement politique dont il est issu. Il en va aussi du pluralisme. À cet égard, je m’en voudrais de ne pas vous féliciter de préciser que la voie du changement, que le chemin sur lequel il faut absolument poser les deux pieds, pour amener le Québec vers une société plus respectueuse de ces participants qu’uniquement sa classe politique, sert beaucoup plus au Québécois pris au singulier que d’une société parallèle mais dirigeante, qui n’a que le souci de son propre enrichissement.
Yves d’Avignon
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Arron